Katawa Shoujo - Ce qui ne tue pas rend plus fort

Publié le par ChaosLink

Au début, il n'y avait rien.

Puis naquit le Manga. Du Manga, fut enfanté l'Otaku.

L'Otaku, dans son évolution, créa le Visual Novel.

Le Manga vit alors que le Visual Novel était bon.

Et il décida d'envoyer un messie. Apparu RAITA.

Il ignorait son but, mais le Manga l'inspira dans sa grande sagesse.

Et il créa la Page, celle avec laquelle tout allait commencer.

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Cette page ne représente pas grand chose en soi. Il s'agit d'une simple page bonus d'un doûjin où l'auteur a simplement dessiner cinq filles handicapées et donner une vague description de chacune. Ou du moins, c'était une simple page jusqu'à ce que 4chan passe par là. L'idée à beaucoup plu et certaines personnes ont alors lancés le projet fou d'adapter cette page en un véritable Visual Novel : ce qui a donné énormément de débat diverses et variés, chacun donnant son point de vue et tentant d'apporter sa pierre à l'édifice. De manière à faire quelque chose de bien et de cohérent, les gens les plus impliqués sur le projet se réunirent sous le nom de Four Leaf Studios

Et de leur travail naquit une démo, une prémisse au jeu complet, l'acte 1 de Katawa Shoujo : Espérance de vie. Et avant même de vous en parlez, ce jeu est remarquable sur deux points :

- le concept de base, c'est-à-dire que l'intégralité des filles que vous pouvez séduires ont toutes un handicap (Aveugle, sourde/muette, sans bras, sans jambes et grande brulée), mais aussi le héros que vous incarnez ! Le tout dans un établissement pour enfants handicapés : autant vous dire que ça change des productions habituelles.

- le projet est amateur ET internationale : l'équipe dessus vient d'un peu partout, réunis par internet, et le projet est disponible en une dizaine de langue. Le must restant que le jeu complet sera 100% gratuit.

Mais avant de rentrer plus dans le détail, focalisons-nous sur l'histoire : tout commence par une froide journée d'hiver, une journée un peu spécial pour Hisao Nakai, puisque ce dernier a reçu aujourd'hui une lettre d'amour l'invitant à rejoindre une fille près des arbres. Et alors que celui-ci reçoit sa déclaration, il n'arrive plus à répondre et fini par tomber par terre, victime d'un arrêt cardiaque. Ça vie bascule désormais : il apprend qu'il est atteint d'arythmie et passe alors les quatre mois suivants à l'hôpital, surveillé étroitement et perdant petit à petit toute relation avec le monde extérieur. Ses parents étant pauvres et ne pouvant financer des études à domicile, Hisao est finalement envoyé dans l'académie Yamaku, un établissement spécialisé dans les enfants handicapés et qui a pour but de leur apprendre à vivre avec leur handicap dans la société moderne.

Après une introspection et une lente dérive vers la mort de toute vie sociale, on suis un Hisao un peu perdu dans ce nouvel endroit, ne sachant jamais comment réellement se placer avec les gens handicapées, ni comment vivre réellement avec son handicap. On observe les difficultés sociales que d'interagir avec des gens souffrant, leur manière de voir le monde et de continuer à vivre malgré leur difficulté, et aussi, la difficulté de voir sa vie basculer soudainement. L'handicap est toujours omniprésent, et même si on essaye de l'oublier parfois, il nous rappelle toujours qu'il est là et qu'il restera jusqu'à la fin de nos jours. De ce faite, on peut considérer Katawa Shoujo comme un appel à la tolérance et la compréhension : la qualité de l'écriture aidant, ce jeu nous montre et nous explique comment vivent les personnes handicapées, comment elles s'adaptent pour contourner leurs problèmes et dans le fond, comment faut-il faire pour qu'on puisse vivre avec elles. Il nous offre un regard différent et plus intime avec les handicapés et tente de modifier ainsi notre regard pour ne plus percevoir les handicaps de la même façon.

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Difficile de parler d'un Visual Novel sans aborder l'aspect graphique, et bien qu'il s'agisse d'une production amateur, le niveau est assez élevé et intéressant. Les personnages sont bien dessinés, quoique la différence d'auteur se fait un peu ressentir avec un peu d'attention, et disposent d'un bon nombre d'expressions différentes retranscrivant parfaitement leurs émotions. Le détail le plus marquant reste l'aspect visible des handicaps, qui seront toujours présents pour vous rappeler où vous vous trouvez et pourquoi vous êtes là, bien que votre handicap soit à l'intérieur de vous. Cela rejoignant tout ce que j'ai dit plus haut : tout le jeu tourne autour des handicaps, et cela n'échappe à aucun point. Ainsi, à chaque fois qu'un nouveau personnage apparaît, à l'exception du corps enseignant, le premier point qui saute aux yeux, aussi bien dans le texte que à l'image, c'est l'handicap. Que ça soit Shizune avec son incapacité à entendre et à parler, Lilly qui ne voit pas, Kenji qui est très mal voyant, Hanako qui est défiguré par brûlure, Emi qui n'a pas de jambes et Rin pas de bras, tout est là pour mettre en avant leur situation particulière, que ça soit par leurs gestes ou leurs paroles. Et cela vaut aussi par Hisao : même s'il essayera de ne pas y penser, l'handicap sera toujours présent, aussi bien sous la forme des médicaments qu'il est condamnée à avaler jusqu'à la fin de ses jours que sous celle d'attaque cardiaque ou de baisse physique.

Et la musique n'échappe pas à la règle de mettre en avant les handicaps. Il y a une certaine lenteur, une mélancolie dans une bonne partie des chansons, souvent faite au piano pour faire pleinement ressentir les émotions de Hisao et des filles. De cela se dégage une tristesse, un sentiment enfouie en chaque étudiant de cette académie particulière, a qui une partie d'eux-même a été définitivement enlevé. Heureusement, quelques thèmes un peu plus énergétiques parcourt la bande son de ce jeu, cela reste certes une minorité, mais qui représente beaucoup : celle d'un bonheur journalier désiré, d'une vie "comme avant" pour Hisao et de moment de relâchement où l'oubli est un peu permis pour pouvoir Vivre.

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Le dernier point que j'aimerais soulever est l'ambiance. Si le but est de nous rappeler constamment l'handicap sur tout les points, cela n'est pas pour nous faire déprimer en pensant à ces pauvres gens. Mais au contraire, on nous le montre constamment pour nous mettre la vérité devant les yeux et dire : oui, on peut vivre avec un handicap. Et même être joyeux. Certaines scènes sont dures, mais la majorité d'entre elles possèdent une certaine légèreté et une joie de vivre qui relève d'un certain esprit. Ils ont tous un handicap, leur vie ne sera jamais la même que quelqu'un de normal et ils devront constamment s'adapter, mais ils vivent. Et veulent être heureux comme tout le monde. C'est dans ce sens qu'est le vrai message de ce jeu : l'handicap ne doit pas être un frein ou une gène pour vivre avec ces personnes, et il faut savoir les accepter telles qu'elles sont pour mieux s'émerveiller de leur possibilitée et de leur manière de vivre.

C'est dans ce sens que je penses que Katawa Shoujo est une oeuvre forte et que j'attends énormément de la version finale qui devrait sortir un jour ou l'autre.

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Et vous alors, l'avez-vous lu ? Cela a-t-il changer votre regard sur les personnes handicapées ?

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Publié dans Visual Novel

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Commenter cet article
F
<br /> <br /> Personnelement, aucune oeuvre quelle qu'elle soit ne peut changer ma façon de penser. J'ai beaucoup aimé cette démo mais ça ne modifiera en rien l'opinion que j'ai des handicapés.<br /> <br /> <br /> Sinon, un article intéressant car j'avoue que je ne connaissais pas du tout la genèse de cette VN...<br /> <br /> <br /> <br />
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