Arrietty, le petit monde des chapardeurs
La sortie d'un nouveau Ghibli est toujours un évènement chez les otaku, le seul nom du studio suffisant à faire briller les yeux des fans. Pour ceux qui auraient réussit à passer à côté, le studio Ghibli est un petit studio d'animation fondé en 1985 et qui présente pour particularité de se concentrer sur la production exclusive de films (de qualité) Le plus intéressant étant qu'il s'agit sans doute du studio d'animation japonais le plus célèbre, celui-ci ayant réussit à percer hors des sphères habituelles d'otaku et à atteindre le grand public, chacun de ses films ayant désormais une large publicité et étant diffusé massivement dans les salles de cinéma française. Et ayant toujours apprécier les films du studio par leurs multiples qualités, je ne pouvais décemment pas passer à côté du petit nouveau. C'est donc le coeur léger et heureux que j'ai décidé à découvrir quelle merveille allait bien receler cette nouvelle production.
Arrietty est une chapardeuse, un petit être vivant dans le plancher d'une vieille maison et qui subsiste avec ses parents grâce à l'immense jardin à côté et en chapardant les différentes ressources et énergies utiles aux humains en si petite quantité qu'ils ne se rendent compte de rien. Ceux-ci sont néanmoins très prudent et cherchent à éviter tout les dangers possibles : ils font tout pour échapper aux animaux sauvages et ne se font jamais voir des humains. Leurs vies auraient pu continuer ainsi indéfinement, mais Arrietty s'est un jour laissé surprendre par Sho, un jeune garçon malade venu se reposer dans la maison de sa grand-mère, et sa famille n'a alors plus d'autre choix que de disparaître ailleurs.
La première chose qu'on retrouve avec plaisir et dès le début du film, c'est les graphismes typiques du studio Ghibli. Les backgrounds sont toujours aussi magnifique et on voit bien que le studio est au meilleur de son art sur le sujet, malgré quelques soucis de passages entre background et animation assez visibles. L'animation ne souffre d'aucun défaut et le film se regarde avec plaisir, un tel niveau s'étant raréfié ces dernières années dans l'animation japonais. Le tout est accompagné d'une magnifique bande son porté tout le long par les chansons de Cécile Corbel - oui, une bretonne bien de chez nous - qui a dirigé intégralement ce film musicalement. Un régal. Et il serait difficile de ne pas parler du bruitage, tellement rarement autant de sons ont étaient sublimés en même temps : les chapardeurs étant des petits êtres, ils perçoivent notre monde comme quelque chose de gigantesque et chaque son est unique et différent pour eux. Et arriver à nous faire ressentir cela, et à nous mettre à la place du personnage qui découvre cet univers gigantesque, ça mérite purement et simplement des applaudissements pour ce moment de magie.
Mais dans le fond, ce qui ressort de ce film, c'est un sentiment de légèreté, une certaine insouciance et de la rêverie plein la tête. Je ne saurais dire si c'est mon plus jeune âge qui m'a rendu plus sensible que mes comparses bloggeur, mais je suis ressorti de la salle de cinéma avec un sentiment que je n'avais pas ressenti depuis longtemps devant une oeuvre d'animation, le même sentiment qui m'avait bercé dans ma jeunesse devant Totoro ou Chihiro. Les deux parties du film ne m'ont pas tellement choqué que ça dans leur différence, et je ne penses que je ne les aurais même pas remarqué sans l'avertissement préalable du Raton. Alors certes, il faut bien reconnaître une évolution vers quelque chose d'un peu plus "adulte" et d'un peu moins "rêveur" après ce foutu corbeau, mais le rythme lent et posé du film reste néanmoins présent et continue de toucher l'âme. Car oui, Arrietty fait parti de ces oeuvres douces et légères qui permettent de se poser et de s'oublier durant un court instant, pour rêver de la mélancolie du temps passé. Peut-être que cela n'est dû qu'à un premier visionnage et que la magie ne passera plus au suivant, que les défauts du film me sauteront à la face de la manière qu'ils ont frappés les autres téléspectateurs... Néanmoins, et même si c'est loin d'être le meilleur Ghibli, je gardes une place dans mon coeur, pour la rêverie et l'innocence qu'il m'a offerte.
Au final, je ne peux que conseiller à chacun de le voir et de se faire son propre avis, sans tenir compte de tout ce qui a déjà était dit dessus, pour être y aller l'esprit libre et sans attente, et se laisser encore une fois porter par la magie du studio Ghibli.