Il existe des séries qui ont le don de se faire attendre, que ça soit par leur synopsis, leur univers ou leur créateur. Forcément, quand Mawaru Penguindrum a été annoncé, une série créée par Kunihiko Ikuhara, le créateur de la génialissime série Utena, et qui en plus n'avait rien fait depuis le film Utena, Apocalyspe de l'Adoscence (c'est-à-dire depuis douze ans), il serait un euphémisme de dire que cette série était attendu et qu'on en espérait beaucoup. Et comme cette semaine, la série a enfin touché à la fin, il est plus que temps d'en parler pour la diffuser le plus possible auprès du plus grand public possible, parce que, disons-le d'emblée : Mawaru Penguindrum est non seulement l'anime de l'année mais aussi l'un des meilleurs animes qui m'a était donné à voir, et il se doit d'être vu par tout fan qui se respecte d'animation japonaise.
Les Takamura sont une petite famille tranquille, composé d'une fratrie de deux frères, Shoma et Kanba, et d'une soeur Himari, vivant dans une petite maison coloré dans Tokyo. Ils coulent des jours heureux entre eux, n'ayant besoin de rien d'autres qu'eux-même... ou du moins en donnent-ils l'impression. En effet, l'illusion est très vite brisé lorsque l'on apprend dès les premières minutes que Himari est atteint d'une maladie incurable et qu'il ne lui reste que très peu de temps à vivre. Sachant les jours d'Himari compté, ils décident d'aller à l'aquarium de la ville, observé les différents animaux marins, dont les manchots. Sur place, dans la boutique de souvenir, Himari trouvera un drôle de chapeau qu'elle décidera d'acheter, juste avant de s'effondrer par terre. Arrivé à l'hôpital, la terrible révélation tombe : Himari est malheureusement morte. Et alors que les deux frères n'arrivent pas à s'en remettre, celle-ci revient miraculeusement à la vie grâce à son chapeau : une autre forme de vie s'empare alors de son corps et ordonne aux deux frères de retrouver le Penguindrum s'ils désirent sauver leur soeur. Et c'est sur ce départ que se lance la série, comptant au final 24 épisodes.
Et j'aime autant vous prévenir, ce scénario va vous tenir en haleine jusqu'au bout de la série : entre les nombreux cliffhanger, les développements de l'histoire des personnages et les retournements de situation, on en a clairement pour notre argent avec cet anime. Et bien évidemment, tout est lié et logique du début à la fin, tout a un sens (ou presque) et tout s'emboîte parfaitement : un scénario mené donc d'une main de maître du début à la fin. Sans compter qu'il réussit l'exploit de satisfaire les deux catégories de fans d'animations japonaises : ceux qui regardent les animes pour le scénario, et qui seront comblés grâce à une histoire riche et prenante, qui se révèle pleine de surprise et d'intérêt, sans omettre le fait qu'elle est basé sur un fait réel et traumatisant de l'histoire contemporaine japonaise; et ceux qui regardant les animes pour les personnages, avec une riche galerie de personnages développés, chacun ayant son intérêt, son histoire propre et se révélant tous intéressant au final, y compris la plupart des personnages secondaires. De plus, l'histoire alterne fréquemment entre l'humour et le tragique, et la série elle-même peut se décomposer en deux grandes parties : les dix premiers épisodes, plus centrés sur l'humour et des situations invraisemblables, et les quatorze autres épisodes, plus tragiques en soi où les révélations arrivent petit à petit et où l'histoire révèle son plein potentiel. Petit point intéressant : on peut noter qu'à l'époque d'Utena, Ikuhara avait déclarer au sujet de la série que "chacun peut trouver un épisode qui lui convient." (1); on ne peut alors que noter la ressemblance de Mawaru Penguindrum avec Utena : peu importe vos goûts, vous parviendrez forcément à trouver un épisode qui vous plaît et vous parle plus que les autre.
Ce qui frappe également dans cette série, et qui était aussi visible à l'époque d'Utena, quoique atténué par l'univers scolaire, c'est que la série possède un univers graphique qui lui est propre. Je ne parles pas qu'en terme de charadesign ou de design en général, bien que ces derniers soient sans reproche, mais le faite que Ikuhara a véritablement créé un univers entier, parallèle à la réalité : les Penguins sont ainsi une marques omniprésente pour tout (bâtiment, nourriture, montre, etc...), ce qui fait ressortir l'aspect fantastique du récit tout en permettant une meilleure immersion dans ce dernier. Et on ne peut que citer les codes graphiques de l'anime, dans la répresentation qui est faite de nombreuses choses, tel que le sang par exemple ou les passages dans le métro. Qu'on se le dise clairement, tout est beau et (presque) tout à un sens lié à l'intrigue elle-même : chaque détail graphique, même certains auxquels on ne penserait pas, signifie quelque chose et n'est pas là par hasard, et c'est un véritable bonheur que de découvrir que le truc qu'on pensait n'être qu'un simple détail pour faire joli se révèle au final d'une incroyable importance vis-à-vis de l'histoire et/ou des personnages. Ha oui, et petit détail qui tue : certains épisodes ont étaient intégralement réalisé par un seul animateur, ce qui laisse bien évidemment la patte graphique du dit animateur. Mais ce cher Tetho vous en parlera mieux que moi.
Et tant qu'à parler de la forme, il m'est impossible de parler de Mawaru Penguindrum sans vous touchez un mot sur la bande son. Pour faire court, elle est juste merveilleuse. C'est un mélange de mélodies de tout genre qui non seulement rendent parfaitement lors du visionnage mais qui sont en plus parfaitement écoutables en dehors de la série. Ca va de musiques mélotragiques à des rythmes entraînants en passant même par des thèmes dans un genre très cowboy, sans compter les inserts songs, juste magnifique. On peut aussi citer la particularité de l'anime d'avoir créait un groupe virtuel, Triple H, à partir des doubleuses de trois personnages de la série, et qui reprenne les musiques du groupe de rock japonais ARB, tel que Rock Over Japan. Et ces reprises composent également les génériques de fin de la série (dans les derniers épisodes, chaque épisode dispose d'un ending qui lui est propre), qui sont non seulement des très bonnes chansons, mais qui reprennent également les thèmes et/ou idées abordés dans l'épisode : et chanté par des personnages qui sont directement concernés, cela leur donne une force particulière et incroyable, qu'on ne retrouve presque nul part ailleurs.
Mawaru Penguindrum réussit donc le pari d'être un anime puissant, disposant d'une symbolique riche et où rien n'est laissé au hasard. Sans compter qu'il dispose d'une fin que je qualifierais de plus que réussit, et qui, sans être au niveau de perfection qu'à atteint celle de Cowboy Bebop, parvient à obtenir l'effet escompté, tout en reliant tout depuis le début : c'est sans conteste l'une des meilleurs fins possibles pour une série de ce calibre. C'est donc non seulement une véritable claque pour le spectateur, mais surtout pour l'animation japonaise : Mawaru Penguindrum prouve qu'en prenant des risques, on peut réaliser de la grande Animation Japonaise et que le milieu possède encore une force incroyable. J'irais même jusqu'à qualifier la série de doigt d'honneur envers les animes moe et autre slice of life/harem/fan-service/insipide qui ne se reposent que sur quelques qualités pour satisfaire les besoins primaires du spectateur et remplirent les caisses, sans se soucier de réaliser une vrai oeuvre de qualité appréciable par tous. Parce que disons le bien : Mawaru Penguindrum est un grand Anime, mais qui en plus se paie le luxe d'être visionnable autant par les otakus que par les inhabitués de l'animation japonaise. Et ça, ça n'a pas de prix !
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(1) Extrait de l'interview de Kunihiko Ikuhara issue de l'AnimeLand n°64


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